MINDSET — SRPA (STOP RÉSOLUTION, PASSE À L’ACTION)
Il arrive un moment où tout semble réuni pour avancer. Les compétences sont là. Les options sont identifiées. Le contexte paraît favorable.
Et pourtant, quelque chose ne bouge pas.
Ce blocage est souvent incompris, voire mal vécu. On se demande ce qui cloche, pourquoi l’élan ne vient pas, pourquoi l’on n’arrive pas à passer ce cap pourtant si clairement identifié. Dans la majorité des cas, rester bloqué n’est ni un manque de capacité, ni un défaut de volonté. C’est le signe qu’un ajustement intérieur est encore nécessaire.
Lorsqu’une situation stagne, l’explication la plus courante consiste à chercher un problème externe : le mauvais moment, un contexte pas assez sécurisant, un manque d’opportunités, ou des contraintes trop fortes.
Ces éléments peuvent jouer un rôle, mais ils masquent souvent une réalité plus profonde : le système interne n’est pas encore aligné pour agir.
Le mental peut être convaincu, les arguments logiques peuvent être irréfutables, tandis que d’autres dimensions — émotionnelles, identitaires, corporelles — restent en retrait ou tirent activement le frein à main. C’est ce décalage, cette dissonance interne, qui crée l’immobilité. Ce n’est pas que vous ne « pouvez » pas avancer, c’est que toutes les parties de vous ne sont pas d’accord pour le faire.
Pour comprendre pourquoi on reste bloqué alors que « tout est prêt », il faut regarder au-delà de la simple volonté. L’immobilité est souvent le résultat d’un conflit entre différentes strates de notre fonctionnement.
C’est souvent la seule que l’on interroge. « Est-ce que j’ai les compétences ? Est-ce que le plan est clair ? » Souvent, la réponse est oui. Mais le mental peut aussi être saturé d’injonctions contradictoires (« Sois audacieux » mais « Ne prends pas de risques ») qui s’annulent mutuellement, créant un point mort cognitif.
C’est là que réside souvent le frein. Une peur non reconnue, une anxiété diffuse face à l’inconnu, ou une culpabilité à l’idée de réussir (ou d’échouer). Tant que ces émotions ne sont pas nommées et régulées, elles agissent comme un veto silencieux sur toute action.
Avancer implique souvent de changer de peau. Si votre identité actuelle est construite sur le rôle de « celui qui supporte » ou « celui qui sauve », passer à une étape où vous n’avez plus ce rôle crée un vide identitaire terrifiant. Le système préfère alors la souffrance connue de l’ancien rôle à l’insécurité du nouveau.
Le corps ne ment pas. Une fatigue soudaine dès qu’on aborde le sujet, une tension physique, un brouillard mental : ce sont des signaux somatiques que le système est en alerte rouge, même si la tête dit « c’est bon, on y va ».
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Des professionnels en transition admettent que leur principal obstacle n’est pas technique ou financier, mais interne (conflit de valeurs, peur de l’identité future ou manque de légitimité ressentie).
Contrairement à ce que l’on croit, le blocage n’est pas un ennemi. Il agit souvent comme un mécanisme de protection.
Notre système interne a une priorité absolue : maintenir l’homéostasie, c’est-à-dire l’équilibre. Tout changement, même positif, est perçu comme une menace pour cet équilibre. Le blocage est donc une réponse immunitaire psychologique.
Il peut signaler :
Une peur de perdre un équilibre existant : « Si je change ça, tout le reste risque de s’effondrer. »
Un risque identitaire non encore intégré : « Si je deviens dirigeant, est-ce que je serai encore moi-même ? »Une transition trop rapide : Le rythme imposé par l’extérieur est plus rapide que le temps d’intégration intérieure.
Une décision non clarifiée : Une part de vous sent qu’une information cruciale manque encore.
Forcer le passage sans entendre ce signal conduit rarement à un changement durable.
C’est comme forcer une porte verrouillée au lieu de chercher la clé : on finit épuisé, et la porte est abîmée.
« Ce n’est pas le changement qui fait peur aux gens, mais la transition. Le changement est situationnel. La transition est psychologique. Ce n’est pas tant que nous craignons l’avenir, mais que nous ne savons pas comment lâcher prise du passé. »
WILLIAM BRIDGES
Sur le plan neurobiologique, le blocage est souvent le signe d’une « compétition neuronale ». Votre cortex préfrontal (siège de la planification et de la volonté) veut avancer. Mais votre amygdale (centre de la peur et de la survie) détecte une menace potentielle dans ce changement.
Lorsque l’amygdale s’active fortement, elle peut « court-circuiter » le cortex préfrontal.
Résultat ? Vous vous retrouvez littéralement incapable de prendre la décision ou de faire le geste, même si vous savez rationnellement que c’est la bonne chose à faire.
Ce phénomène explique pourquoi la volonté seule ne suffit pas.
Rester bloqué peut aussi être lié à ce que l’avancée implique de laisser derrière soi.
Tout choix est un deuil. Choisir A, c’est renoncer à B, C et D. Mais c’est aussi souvent renoncer à une version de soi.
Une image de soi : L’expert technique qui devient manager doit faire le deuil de sa maîtrise opérationnelle directe.
Une reconnaissance extérieure : Quitter un poste prestigieux pour un projet de cœur implique de perdre le regard admiratif (ou envieux) des autres.
Un rôle familier : Cesser d’être celui qui « règle tous les problèmes » oblige à trouver une nouvelle utilité relationnelle.
Une sécurité connue, même inconfortable : On sait ce qu’on perd (même si c’est toxique), on ne sait pas ce qu’on gagne.
Ces pertes symboliques sont rarement conscientes. Elles pèsent pourtant lourd dans la balance décisionnelle. Le blocage apparaît alors non pas comme un refus d’avancer, mais comme une hésitation face au coût du changement. Le système attend que le bilan « bénéfice/risque » soit clairement positif avant d’autoriser le mouvement.
« Je suis prêt sur le papier, mais je ne me sens pas à la hauteur. »
Ici, le frein est identitaire. La personne ne s’est pas encore « autorisée » intérieurement à occuper la nouvelle place. Elle attend une validation extérieure qui ne viendra jamais, car l’autorisation doit être interne.
« Si je réussis, je trahis mon groupe d’origine. »
Très puissant et souvent inconscient. Réussir différemment de sa famille, de ses pairs ou de son ancien mentor peut être vécu comme une trahison. Le système bloque la réussite pour préserver l’appartenance.
« Je sais comment faire, mais je ne sais plus pourquoi je le fais. »
C’est le blocage de l’épuisement par perte de sens. Le moteur tourne, mais la transmission est cassée. L’action semble vide, et le corps refuse de fournir l’énergie pour quelque chose qui ne nourrit plus.
Face à l’immobilisme, beaucoup de personnes choisissent d’augmenter la pression :
Se fixer des échéances irréalistes (« Il faut que ce soit réglé lundi »).
S’imposer des objectifs punitifs.
Se comparer à ceux qui avancent (« Regarde, lui il a déjà réussi »).
Cette stratégie peut produire un mouvement apparent, mais elle fragilise l’alignement.
C’est comme essayer de faire avancer une voiture avec le frein à main serré en appuyant plus fort sur l’accélérateur. Ça fume, ça s’abîme, et ça n’avance pas vraiment.
Le système interne apprend que l’action est associée à une contrainte, pas à un choix conscient. À terme, le blocage revient, souvent sous une autre forme (burnout, somatisation, auto-sabotage).
Il est crucial de ne pas confondre les deux :
C’est souvent une gestion émotionnelle de court terme (évitement de l’inconfort de la tâche). Elle concerne le « faire ». On remet à demain une action précise. L’énergie est là, mais dispersée.
C’est un arrêt du système. Il concerne « l’être » et la « direction ». On ne remet pas à demain, on est figé aujourd’hui. L’énergie semble absente ou bloquée. C’est une question de sens et d’alignement, pas d’organisation.
Sortir d’un blocage ne consiste pas à accélérer. Cela consiste à clarifier ce qui retient, puis à sécuriser la décision.
Débloquer, c’est souvent :
Remettre du sens là où il s’est dilué.
Reconnaître les peurs légitimes et leur donner un espace.
Distinguer l’urgence extérieure du timing intérieur.
Et redéfinir une direction juste, alignée avec qui vous êtes aujourd’hui.
Ce travail demande un cadre. Pas des injonctions.
Cesser de lutter contre le blocage. Accepter que pour l’instant, c’est « non ». Cet arrêt de la lutte libère déjà de l’énergie.
Demandez-vous :
« De quoi ce blocage me protège-t-il ? »
« Quel risque est-ce que j’évite en ne bougeant pas ? »
Une fois le risque identifié, comment pouvez-vous rassurer cette part de vous ?
De quelle garantie, de quel filet de sécurité avez-vous besoin pour oser le pas ?
Ne cherchez pas à faire le grand saut. Cherchez le micro-mouvement qui est « acceptable » pour votre système de protection. Le mouvement appelle le mouvement.
Le SRPA (Sens, Réalité, Priorités, Action) a été conçu pour accompagner précisément ces phases de blocage.
Le processus permet de :
Identifier ce qui freine réellement : Aller voir derrière les excuses de surface pour trouver le nœud systémique.
Remettre de la cohérence : Aligner la pensée (ce que je veux), l’émotion (ce que je sens) et la décision (ce que je fais).
Restaurer une sécurité intérieure suffisante : Créer le socle nécessaire pour que le risque du changement devienne acceptable.
Transformer l’immobilisme en mouvement conscient : Passer de « je dois bouger » à « je choisis d’avancer ».
Quand le blocage est compris, il perd une grande partie de sa charge. L’action devient alors possible, sans lutte excessive.
Beaucoup de personnes constatent qu’après un travail de clarification, le besoin de se forcer disparaît.
Les décisions s’éclairent, et l’action revient avec plus de fluidité.
Non pas parce que le contexte a miraculeusement changé, mais parce que l’alignement intérieur a été restauré.
L’énergie qui était utilisée pour maintenir le freinage est désormais disponible pour le moteur.
Parfois, si le contexte change radicalement. Mais le plus souvent, un blocage interne non traité a tendance à se kyster ou à se déplacer. Attendre sans clarifier risque surtout d’augmenter la frustration et l’érosion de l’estime de soi.
Pas besoin d’une psychanalyse de 10 ans. Mais il faut comprendre « ce qui bloque ici et maintenant ». Identifier le mécanisme de protection actif est souvent la clé qui déverrouille la porte.
Cela dépend de la profondeur du conflit. Mais une fois le « nœud » identifié et la sécurité restaurée, le déblocage peut être spectaculairement rapide. Parfois, une seule séance de clarification suffit à remettre tout le système en mouvement.
Pas forcément. Cela peut signifier que la manière dont vous l’abordez ne vous convient pas, ou que le timing est faux. Le blocage questionne souvent le « comment » plus que le « quoi ».
Si vous sentez que vous tournez en rond, que vos stratégies habituelles ne fonctionnent plus, et que le coût de l’immobilisme devient supérieur au risque du changement, alors c’est le bon moment.
Rester bloqué est souvent une phase, pas une impasse. Une phase qui invite à écouter autrement, à comprendre avant d’agir, à ajuster la direction plutôt que de forcer l’allure.
Lorsqu’on répond à cette invitation avec clarté, le blocage cesse d’être un frein. Il devient un point de bascule.
Vous sentez que tout est là, mais que rien ne bouge ?
Ne restez pas seul face à votre blocage. Le SRPA vous aide à identifier le frein invisible et à restaurer votre mouvement naturel.
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